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Saumon d’élevage certifié ASC : des critères non respectés

Saumon d’élevage certifié ASC : des critères non respectés

L’ONG SeaChoice affirme que « 80 % du saumon d’élevage écocertifié dans le monde provient d’élevages qui ne remplissent pas tous les critères de certification ». Visé, l’ASC temporise la gravité des non-conformités et défend sa démarche de progression.

Un rapport publié le 18 octobre examine les performances de 257 fermes salmonicoles écocertifiées, par rapport au référentiel de l’ASC (aquaculture stewardship council). En Norvège, d’où provient la moitié du saumon mondial, les contrôles relèvent en moyenne une infraction majeure et 5,3 infractions mineures par élevage. Certains sont certifiés malgré trop de poux, de maladies virales, d’antiparasitaires ou d’échappement des poissons. Un élevage certifié a même utilisé neuf fois plus d’antiparasitaires qu’autorisé. Mais l’utilisation d’antibiotiques est rare.

En revanche au Chili, d’où provient 31 % du saumon ASC consommé dans le monde, la moyenne d’infractions par contrôle est la plus élevée et quatre élevages utilisent trop d’antibiotiques. L’un a connu un fort échappement, d’environ 10 000 poissons. Les bons points au Chili : les élevages certifiés utilisent peu d’antiparasitaires contre les poux. En Norvège comme au Chili, les élevages respectent les taux fixés de poisson sauvage dans l’aliment aquacole.

Autre reproche, dans la révision du référentiel ASC sur le saumon en 2017, à laquelle avaient pris part les ONG aux côtés de l’industrie, « de nombreux objectifs ont été affaiblis », déplore John Werring, représentant de SeaChoice, qui dénonce une « certification trompeuse ».

Une révision tous les cinq ans

« Aucune norme n’est parfaite », répond l’ASC, d’où la révision tous les cinq ans, qui « permet de progresser » avec les connaissances ou les avancées technologiques. La quantité de poisson sauvage autorisée dans les aliments aquacoles a ainsi été réduite. Encore à l’examen : le niveau d’antiparasitaire. D’un continent ou d’un hémisphère à l’autre, les demandes d’ajustements sont nombreuses et variées. Ce processus multipartite, souligne l’ASC, « implique que, même si toutes les contributions sont prises en compte, tous les points de vue ne sont pas reflétés dans la révision finale ». Entre les besoins de l’industrie face à l’invasion des poux et les revendications des ONG, les compromis ne font pas l’unanimité.

Mais pourquoi autant de non-conformités ? Les normes internationales (Iseal, Iso et FAO) permettent de certifier un élevage à condition qu’il ne présente aucune non-conformité majeure, et que celles mineures soient résolues dans un calendrier défini. La conformité stricte à 100 % n’est pas exigée. Face aux écarts problématiques, l’ASC reconnaît qu’il faut mieux former les auditeurs et contrôleurs pour qu’ils appliquent la révision des normes : depuis 2017 il les réunit tous les ans. L’ASC convient aussi qu’ « il faut retravailler, en commun, sur la définition des non-conformités majeures et mineures ». Et renforcer les règles de suspension en cas de non-conformité majeure. 

Source Le Marin |Solène LE ROUX

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