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Analyse de la mise en œuvre de la réglementation sur l’étiquetage des produits aquatiques

Analyse de la mise en œuvre de la réglementation sur l’étiquetage des produits aquatiques

En France, d’après les contrôles de la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes auprès de poissonniers, détaillants et de la grande distribution, environ   50 % des étals présentaient des non‐conformités en 2016.

L’Eurobaromètre réalisé en 2016 par l’observatoire spécialisé EUMOFA montre qu’à l’échelle européenne les informations sur l’étiquetage, concernant les engins de capture utilisés, ne sont considérées comme « importantes » que par 44 % des consommateurs. A contrario la date de capture, qui n’est pas une information requise sur l’étiquetage, est considérée comme « importante » par plus de 50 % des consommateurs.

Les pêcheurs n’ayant pas d’obligation formelle de transmission de leurs données de pêche aux halles à marée ou au 1er acheteur (dans le cas de vente de gré à gré), c’est dès la production que nous constatons une perte d’informations. Ainsi les halles à marée ont‐elles, par leurs données initiales sur les navires complétées par les données des organisations de producteurs, réalisé un fichier préenregistré avec modification possible des critères. La modification de critère pour coller à la réalité de l’engin de pêche utilisé et/ou la sous zone de capture ne se fait que par transmission orale entre les producteurs et les agents de criée, ou par interprétation de ces derniers (cas des navires polyvalents et de pêche sur plusieurs sous zones).

De fait, l’amont de la chaine peut transmettre des informations approximatives, voire erronées.

Ajoutons à cela, que toutes les halles à marée ne disposent pas encore d’un système de traçabilité adaptés aux dernières normes, que les étiquettes de lots sont peu ou prou toutes différentes entre criées, et l’on comprend qu’il est difficile pour le 1er acheteur de compiler ces informations, particulièrement quand il achète sur plusieurs criées.

Ce 1er acheteur est aussi confronté au mode de transmission de l’information. L’idéal serait qu’il puisse la recevoir dès l’acte d’achat, car la livraison des lots peut s’effectuer plusieurs heures après l’achat. L’étiquette, 1er outil de traçabilité, n’indique pas toujours l’ensemble des données règlementaires en toutes lettres. Elles sont soit accessibles via un code (majoritairement QR code), soit indiquées sur le bon de livraison ou la facture. Les 1ers acheteurs n’ont, pour la plupart, pas de lecteur de code, ils reçoivent souvent le bon de livraison ou la facture après la réception des lots. Ils ne peuvent donc matériellement créer des numéros de lot cohérents, saisissant les achats à partir des bons de livraison.

Cette diversité des outils de traçabilité et les modes de diffusion de l’information aux 1ers acheteurs ne font qu’ajouter des obstacles à la transmission de l’information tout au long de la chaine.

Les poissonniers, détaillants et de la grande distribution, ne peuvent retranscrire que l’information reçue. Les 1ers acheteurs ont l’autorisation, dès lors qu’ils assemblent différents lots, d’indiquer plusieurs engins de capture ou plusieurs sous‐zones. Cette pratique devient la norme et les poissonniers ne s’étaient pas préparés à une telle situation. Les pics prix « à roulettes » ne permettent pas l’indication de plusieurs engins et sous‐zones. Par ailleurs, cette information diffuse est d’un intérêt limité pour le consommateur.

Pour les produits d’importation intra‐européenne, la situation est diverse. En Espagne, bien que le système de traçabilité soit perfectible, les informations règlementaires sont transmises. En effet, les pêcheurs transmettent souvent leur logbook aux criées. Pour le Royaume‐Uni, la situation est toute autre. La filière ne considère pas les informations règlementaires pertinentes et la quasi‐ absence de halles à marée assurant un tri et une vente des lots ne permet pas une transmission sûre et transparente des informations. Sur demande des clients, des informations sont transmises, mais dont la fiabilité n’est pas assurée. Selon les professionnels interrogés, aucun contrôle n’est assuré par les autorités. Pour les pays du Nord de l’Europe, même si la filière ne considère pas non plus les informations règlementaires comme pertinentes, leur transmission est assurée.

L’information amont peut être approximative ou erronée, les outils de traçabilité sont très divers et rendent difficile une compilation en temps et en heure pour les 1ers acheteurs. De fait l’information des consommateurs est tout autant approximative ou erronée.

Pourtant certaines halles à marée et certains 1ers acheteurs y arrivent. Les criées majoritairement approvisionnées par des pêches côtières et ayant une flottille qui ne pêche que sur une seule sous‐ zone sont gagnantes. Bien que certaines criées ne soient pas encore aux normes elles sont en cours d’installation de systèmes de traçabilité performants.

Certains 1ers acheteurs se dotent d’outils de lecture de codes, ou de balances « intelligentes » en attente d’une possible collecte dématérialisée des informations.

Des poissonniers ont développé des outils de réédition des informations transmises par le fournisseur et apposent cette nouvelle étiquette sur un pic‐prix.

Des solutions existent donc, mais pour les développer plus largement, une certaine normalisation s’impose en amont afin de réduire les coûts induits dans les entreprises.

 

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