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Portrait d’un Artisan Poissonnier

Portrait d’un Artisan Poissonnier

Passionné par son métier, Jean-Pierre Foret est un incontournable de la poissonnerie à Lille. Présent au marché couvert, mais aussi sur trois autres marchés ambulants, il fait valoir la force de son métier : qualité du produit et du service. Entretien à bâtons rompus avec un professionnel qui, une fois n’est pas coutume, nous rassure sur l’état du secteur.

M. Foret, quel est votre parcours?

J’ai commencé à 15 ans, en tant qu’apprenti avec mes parents. J’ai passé mon CAP poissonnier à Rungis puis apprenti pendant deux années. J’ai commencé à travailler sur le marché couvert avec mes parents avant de reprendre l’entreprise familiale en 1997. Je l’ai ensuite développé.

Développé jusqu’à quel point ?

L’entreprise compte actuellement 9 salariés. Nous sommes toujours présents sur le marché couvert, mais aussi sur trois marchés extérieurs. Le chiffre est en progression tous les ans.

Votre succès, à quoi le devez-vous selon vous ?

Il n’y a pas de secret : du travail, du sérieux et des gens compétents. La première chose est de s’approvisionner avec des produits de qualité. Pour cela, il n’y a rien de mieux que la criée. J’y trouve des produits que l’on ne trouve pas ailleurs, le turbot sauvage par exemple. Il faut ensuite adapter son étal à sa clientèle. Selon les marchés et les jours de la semaine, la clientèle n’est pas la même. Il faut des produits qui leur correspondent.

Je me suis ensuite entouré d’une équipe dynamique et très professionnelle. Ils font un excellent travail, tant dans la transformation du poisson que dans le conseil auprès de la clientèle. On ne peut pas être partout. Être accompagné de gens de confiance est primordial.

À propos de vos employés, avez-vous un apprenti ?

Oui, j’ai en ai un. Pour être honnête, j’avais arrêté d’en avoir car j’étais frustré de former des jeunes qui partaient ensuite dans la grande distribution. Ils partaient de la poissonnerie artisanale car on leur faisait miroiter un salaire phénoménal. Ces promesses ne valent plus. Les jeunes restent maintenant chez nous. De tous mes employés qui ont travaillé en grande distribution, aucun ne souhaite repartir.

L’artisanat peut donc lutter face à la grande distribution selon vous ?

Oui, mais pour cela il faut se démarquer, notamment par la qualité de nos produits et de nos services. J’observe un retour vers le commerce de proximité. Les gens veulent du bon. Et chose intéressante, les jeunes reviennent. Sur les marchés le week-end, il n’y a pas seulement des 30-60 ans, mais des 20-30ans. Alors certes, le pouvoir d’achat n’est pas le même, mais il faut répondre présent en proposant des produits adaptés pour fidéliser cette clientèle qui fréquente de nouveau les commerces de proximité.

À propos de clientèle, a-t-elle remarqué les changements de réglementation concernant l’étiquetage ?

Les clients qui ont remarqué quelque chose sont très rares. Concernant la nouvelle réglementation, mon avis est nuancé. Je comprends le bien-fondé d’indiquer une zone de pêche plus précise. Ce n’était pas réaliste d’indiquer seulement Atlantique Nord-est. Et dire que le poisson vient de la manche est aussi plus vendeur. Après, honnêtement, indiquer l’engin de pêche utilisé, cela ne sert à rien. Par contre, le gros souci, c’est tout le travail que cela représente. C’est colossal.

Des projets pour l’avenir ?

L’entreprise se porte bien comme ça. Continuer à évoluer avec son métier. Continuer à bien travailler et l’on y arrivera. Cela fait 25 ans qu’on dit que l’artisanat est en crise, et on est toujours là. Oui c’est difficile, mais on y arrive !

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