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Saint-Jacques : accrochage naval entre normands et britanniques

Saint-Jacques : accrochage naval entre normands et britanniques
Quelques 35 navires normands ont mené mardi 28 août une expédition pour chasser cinq navires britanniques qui pêchaient la Saint-Jacques au large de la baie de Seine. Un dispositif et une détermination impressionnante qui n’ont heureusement pas fait de blessés malgré des échanges musclés. Mais qui déclenchent la colère des pêcheurs et de la presse britannique.

Les navires des français – de Port-en-Bessin, Courseulles, Ouistreham, Trouville, Honfleur, Le Havre – ont pris la mer tôt mardi 28 août au matin pour rejoindre la zone où pêchaient les anglais, à quelques 12 miles des côtes françaises. Ils ont ensuite encerclé les navires anglais pour les obliger à cesser leur pêche.

Selon des journalistes embarqués, des fumigènes ont été allumées, il y a aussi eu des injures et quelques jets de pierres. Des images de France 3 montrent ensuite des navires anglais ripostant et percutant des navires français. Certains navires sont apparemment abimés sans atteinte à leur flottabilité. Les gendarmes maritimes arrivés sur sur zone, ont procédé à des contrôles des navires britanniques et leur présence a permis de calmer les esprits.

Il s’agissait une nouvelle fois pour les normands de réagir contre la concurrence, qu’ils jugent déloyale, des navires anglais qui viennent pêcher dans des gisements normalement préservés, avant l’ouverture française au 1er octobre. Une opération dûment médiatisée par les français, espérant sans doute produire des effets sur les pêcheurs britanniques ou les autorités française pour aboutir à un accord.

7 ou 8 bateaux britanniques sur zone depuis une semaine

« La pêche à la coquille tient à bout de bras la pêche normande. Pas de coquille, pas de pêche côtière. Les Britanniques eux ont déjà sept ou huit bateaux sur zone depuis une semaine déjà, dont des bateaux de plus de 30 mètres », a expliqué Dimitri Rogoff, président du CRPMEM de Normandie. Cité par BBC News, il ajoute : « nous ne voulons pas empêcher les britanniques de pêcher mais ils pourraient au moins attendre comme nous le 1er octobre, de manière à ce que nous partagions la ressource ».

Fin septembre 2017 un incident avait opposé un chalutier irlandais à plusieurs bateaux normands qui l’avaient chassé. Les pêcheurs normands se plaignaient déjà qu’en outre, une vingtaine de bateaux britanniques de moins de quinze mètres pillaient la ressource avant l’ouverture de la pêche à la coquille pour les Français.

Si des accords ont été passés avec les instances anglaises pour sortir des épisodes aigus de tensions du début des années 2010, ils ne concernent toujours pas les chalutiers de moins de 15 mètres. Et depuis lors, des épisodes réguliers émaillent les semaines précédant l’ouverture française, avec une remontée de la tension depuis 2016.

Mais un épisode d’une telle ampleur fait précisément remonter aux fortes tensions du début des années 2010. Les incertitudes que font peser le brexit sur la pêche française, en particulier en Bretagne, Normandie et Hauts-de-France, ne sont pas forcément étrangères à cette escalade.

Colère britannique

Côté britannique, c’est la colère qui domine. Jim Portus, de l’organisation des pêcheurs du Sud-Ouest en Grande-Bretagne (SWFPO), cité par The Sun, a carrément dénoncé « l’équivalent d’un acte de piraterie de la part des français »« Cela n’a rien à voir avec le brexit. Ça fait 20 ans que cela dure et nous avons parfaitement le droit de pêcher dans cette zone, tout comme les Irlandais ou les Belges. Les navires anglais n’ont fait que se défendre contre l’agression des français », ajoute-t-il. Mike Park, dirigeant de la Scottish White Fish Producers Association, a qualifié les incidents de « piraterie pure ».

Le dailymail titre lui sur une véritable « bataille navale de la Saint-Jacques »BBC News sur la « scallop war ».

Selon The Telegraph, la NFFO (National Federation of Fishermen’s Organisations) a demandé au gouvernement britannique d’intervenir contre le « comportement scandaleux » des français.

« Jeter des pierres et tirer des fusées éclairantes n’est pas seulement dangereux, c’est illégal selon les lois maritimes et il y aura des conséquences », a déclaré Barrie Deas, leader de la NFFO. « Mon premier souci pour le moment est la santé des équipages des deux camps car sur la base des images que j’ai pu voir, il y a eu des manœuvres extrêmement dangereuses qui auraient pu avoir des conséquences tragiques ».

« Nous ne pourrons parler qu’après de la question des droits d’accès et de la gestion et de la pêche durable des stocks de Saint-Jacques pour essayer de trouver un accord » a-t-il ajouté.

source : Alexandra TURCAT | Le Marin

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