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Raie brunette : hausse de biomasse

Raie brunette : hausse de biomasse

La biomasse de la raie brunette augmente en Manche, reconnaissent enfin les scientifiques du Ciem. Mais ce n’est pas gagné pour pêcher plus.

Le Ciem, dans son avis du 13 juillet sur la raie brunette en Manche, constate une forte hausse de l’indice de biomasse, de 58 % entre 2011-2015 et 2016-2017. Cela rejoint le constat d’abondance des pêcheurs.

Mais ce stock étant de catégorie 3 (sans référence de rendement maximal durable), le Ciem plafonne la hausse de prélèvement à 20 %, pour s’affranchir des incertitudes et fluctuations interannuelles. « Une hausse de 20 % est-elle suffisante ? », s’interroge Alain Biseau, qui coordonne à l’Ifremer l’expertise des pêcheries. Une hausse supérieure serait peut-être compatible avec l’approche de précaution. Avec ce plafond, quand la biomasse d’un stock augmente fortement et en continu, « les quotas recommandés restent à la traîne ». Alors qu’à la baisse, la limite est à deux fois -20 % soit -36 %.

Ça monte ou ça descend ?

Surtout, le « véritable problème » pour la raie brunette, explique le scientifique, c’est « la base sur laquelle la recommandation est fondée ». Les débarquements avant moratoire sont inconnus car cette raie n’était pas dissociée des autres et a ensuite été interdite de pêche. Ignorant le niveau de prélèvement historique durable, le Ciem se base sur les captures 2011-2017, estimées en moyenne à 1 773 tonnes (débarquements et rejets compris). Il y applique +20 %, soit 2 127 tonnes. En maintenant le taux de rejet à 95 %, il recommande pour 2018, 2019 et 2020, de ne pas débarquer plus de 115 tonnes. Alors qu’en 2014, le niveau de débarquement durable avait été estimé à 300 tonnes.

Comparé à l’avis précédent du Ciem – pas plus de 65 tonnes débarquées en 2017 et 2018 –, la hausse serait de 77 %. Mais comparé au Tac adopté de 180 tonnes en 2017, ou aux 139 tonnes débarquées, cet avis aboutit à une baisse…

Influence paradoxale du taux de survie

Alain Biseau soulève une autre question. Le Ciem suppose que la survie de la raie brunette relâchée après capture est de 100 %, mais reconnaît que ce n’est qu’une hypothèse. La raie est robuste mais sa survie n’est certainement pas totale, et donc sa mortalité par pêche doit être supérieure à celle estimée. Avec une survie de moins de 100 %, « il pourrait être possible, à mortalité par pêche constante, d’augmenter les débarquements en rejetant moins, à la condition que les captures totales diminuent », souligne Alain Biseau.

Golfe de Gascogne : un avis à -20 %

Pour le golfe de Gascogne, faute d’indice d’abondance, le Ciem dit ignorer l’état du stock et applique -20 % par précaution (il ignore aussi des études menées localement). Il recommande ainsi de ne pas débarquer plus de 13 tonnes en 2018, 2019 et 2020, un niveau « qui n’a pas de sens », souligne-t-on au Comité national des pêches. Le Tac actuel est de 30 tonnes, bien loin des captures réelles, ce qui implique déjà un protocole de pêche scientifique contraignant, avec des volontaires, plutôt que de diluer ces faibles prises accessoires sur toute la pêcherie. Comme en Manche.

copyright Le Marin

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